LA FRANCE EN FINALE

Écrit par :

|

10 janvier 2016

|

Dans :

Sports, Volley-Ball

TOURNOI QUALIFICATION OLYMPIQUE

La France tient sa finale !

Ils l’ont fait ! Face à une équipe de Pologne championne du monde en titre et une salle majoritairement acquise à la cause adverse, les joueurs de l’équipe de France ont une nouvelle fois fait parler la poudre pour s’imposer samedi en trois sets (29-27, 32-30, 25-20). Les voilà en finale du Tournoi de qualification olympique face à la Russie et à un match de Rio…
Quel match ! Comme en ouverture du Tournoi de qualification olympique, l’équipe de France a sorti une prestation XXL pour écarter la Pologne en demi-finale et poursuivre sa série d’invincibilité. Devant 7200 supporters dont les trois quarts poussant derrière les champions du monde, les Français ont disputé un match de costauds, exactement le genre qu’apprécient les Ngapeth, Le Roux, Rouzier et autres, qui ont eu raison des colosses adverses, les Kurek, Kubiak et Mika, sortis sonnés sous les rafales de coups tricolores.

La partie aura été suffocante au cours de deux premiers sets extrêmement serrés (jamais plus de deux points d’écart entre les deux formations), la perte du second sera de trop pour les hommes de Stéphane Antiga qui ont lâché prise dans le troisième (25-20). Ils disputeront dimanche un quitte ou double extrêmement stressant face à l’Allemagne (le perdant n’ira pas aux JO), tandis que les Français, qui ont fini par éteindre les chants polonais et fait monter les « Et 1, et 2, et 3-0 ! » et la Marseillaise de tribunes devenues bleues, retrouveront la Russie, battue 3-1 mercredi, pour une finale dont le vainqueur s’envolera pour Rio en août.

Huit balles de deuxième set…

Que peut-il arriver à cette équipe de France quand elle joue comme ça ? Pas grand-chose, et d’entrée, on comprend qu’elle est en mode « Code Rio », c’est-à-dire décidée à jouer son jeu sans calculer, avec une immense détermination et du talent partout. Trois aces consécutifs de Kevin Le Roux permettent aux Bleus, en blanc pour l’occasion, de prendre les devants (2-3 à 5-3), un avantage qui, grâce notamment à un Antonin Rouzier très sollicité par son capitaine Benjamin Toniutti (8 points dans le premier set), ne dépassera jamais un service d’avance jusqu’à 22-22 et une faute directe du pointu tricolore, synonyme d’avantage qui se renverse en faveur des hommes de Stéphane Antiga. Ceux-ci se procurent alors trois balles de set, ils pensent la deuxième gagnante, mais le challenge utilisé par Laurent Tillie lui donne raison, les Français repassent en tête suite à un ace de Rouzier, la seconde balle de set est la bonne après une faute de Kurek (29-27).

La deuxième manche est encore plus serrée ! Les Polonais mènent longtemps d’un service, mais les Bleus reprennent la main grâce à Ngapeth (11-10) avant de réussir le break deux fois, (15-13, 17-15) annulé par un ace de Bienek, puis deux attaques magistrales de Kurek qui remet les champions du monde devant (17-18). La partie de ping-pong reprend de plus belle, puisque c’est aux partenaires d’un Ngapeth décisif (comme sur cette réception enchaînée d’une attaque gagnante plein centre) qui alignent quatre points de rang après deux aces de suite de Rouzier (21-18), mais les Polonais égalisent après un block de Kubiak (21-21). Le suspense devient alors insoutenable au gré des… sept balles de set que se procurent les Bleus, toutes sauvées par Mika, Kubiak ou Kurek, la huitième est finalement la bonne sur une faute polonaise (32-30).

C’en est fini des espoirs des champions du monde qui, touchés moralement, se retrouvent menés d’entrée après un block de Tillie (4-2), écart qui prend des proportions de plus en plus importantes (10-5, 19-12) au gré des missiles assénés par Ngapeth (17 points, à 68% de réussite en attaque), Rouzier (21), Tillie (10) et Le Goff (8). Malgré un retour polonais en forme de baroud d’honneur, le mot de la fin revient, comme souvent, à Ngapeth, qui conclut le match sur un block-out. Rendez-vous dimanche à 16h30 pour l’épilogue de ce TQO jusqu’ici mené de main de maître par les champions d’Europe.

Les réactions

Laurent Tillie : « Ca a été magique, parce que les deux premiers sets, on ne jouait vraiment pas bien, il y avait beaucoup de nervosité, on le voyait sur des contacts de balle ratés, des contrôles pas maintenus et pas mal de fautes inhabituelles. Les Polonais avaient aussi beaucoup de pression, ce sont eux qui ont fait les fautes aux moments importants, on a réussi à passer les deux premiers sets in extremis et à gagner le troisième plus facilement. C’était très très stressant, parce qu’il y a tellement d’enjeu, on veut tellement aller aux Jeux que c’était très important pour l’équipe de gagner ce match. C’était un combat de boxe, de pouvoir, d’orgueil, un combat technique… J’ai toujours douté, même avec six points d’avance dans le troisième set, parce que le volley-ball, ça passe tellement vite. On a un orteil à Rio, mais ce qui m’intéresse, c’est d’avoir les deux pieds… »

Benjamin Toniutti : « C’était un gros match car il y avait deux grosses équipes. Le niveau est encore plus haut qu’à l’Euro, ça se joue encore plus sur des détails, et ce soir, sur les détails, on a été vraiment bons. On a un peu de réussite aussi, mais on a réussi à faire douter cette équipe polonaise et quand ils doutent, ils jouent moins bien. On n’est pas encore à Rio, mais ça fait du bien d’être en finale, c’est un grand soulagement, parce que mine de rien, c’était le match avec le plus de pression. Si tu le perds, tu joues la place 3-4 et si tu perds la place 3-4, tu as beau avoir gagné la World League et le Championnat d’Europe, tu ne vas pas aux Jeux. Ça nous assure au minimum d’aller au Japon faire le Tournoi de qualification qui est plus facile, mais vu le jeu qu’on produit, on va essayer de gagner une deuxième fois contre la Russie, ce serait un gros exploit. »

Jenia Grebennikov : « C’était un match super serré dans les deux premiers sets, on a montré un gros mental, on a réussi à inverser le cours du jeu et on a serré le jeu au troisième. 3-0 contre la Pologne, je ne réalise pas encore, mais ça fait du bien, parce que c’était un match à gros enjeu, sachant que la petite finale est le match le plus dur à jouer, on est contents d’être en finale pour aller chercher ce ticket. La Russie va vouloir prendre sa revanche, on sait comment les contrôler, j’espère qu’on va réussir à reproduire la même performance que lors de notre premier match contre eux. On est l’équipe à abattre, on a une génération qui a envie de montrer que l’équipe de France fait partie des cadors au niveau mondial, on veut montrer que nous avons mérité nos titres en World League et au Championnat d’Europe. »

Kevin Tillie : « On a battu les champions olympiques, les champions du monde ce soir, il faut rebattre les champions olympiques dimanche, il va falloir revenir avec les crocs. Les Russes sont plus physiques, ils tapent plus fort, il faudra garder l’intensité, ce sera dur parce que c’est un cinquième match en cinq jours, mais il ne faut pas se laisser aller mentalement, c’est comme ça qu’on gagne tous les jours. » (source article FFBV)

Share This Article

About Author

Christophe

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *